Le parcours de Loulou ou l’indispensable éducation canine

Les  chiens qui arrivent dans nos refuges n’ont, le plus souvent, pas reçu les bases d’éducation indispensables pour réussir une bonne cohabitation avec l’humain, savoir se promener en laisse, connaître le assis et le couché, avoir un bon rappel et bien se comporter avec ses congénères.

Pour nous, membres de la liste « Agissons pour la S.P.A. », donner à tous les chiens qui passent par nos refuges des bases élémentaires d’éducation canine doit être une priorité. Cela permettra de faciliter et réussir leur adoption en permettant leur intégration dans leur nouveau foyer.

Loulou est un labrador mâle de couleur fauve. Il est né dans une ancienne ferme reconvertie en élevage de chiens intensif. Durant les semaines qui ont suivi sa naissance, il a vécu avec sa mère, ses quatre sœurs et trois frères dans un boxe cimenté de trois mètres sur trois. Ses contacts avec l’homme se sont limités aux courtes visites de l’éleveur toujours pressé lors de ses passages pour nettoyer et nourrir tout ce petit monde.

A sa dixième semaine, il est brutalement séparé de sa meute pour être mis dans une cage de transport puis, après dix heures de voiture, placé seul dans une cage de verre avec de la paille au sol. Pendant une semaine de 10H à 19H il verra défiler devant lui des drôles d’animaux à deux pattes qui s’arrêtent, lui font des grimaces ou tapent sur la vitre. Là aussi la cage ne s’ouvre que quelques minutes par jour pour mettre de l’eau, quelques croquettes et changer la paille.

Un beau matin, M. et Mme DUPONT et leurs deux enfants s’immobilisent devant cette petite boule de poils. Ils écoutent rapidement les conseils minimalistes d’un vendeur content de faire une vente de 1100 euros pour un labrador lolfé sans compter bien sûr le collier, la laisse, le panier, les croquettes et …le shampoing.

Ainsi Loulou rejoint-il l’appartement de M et Mme DUPONT situé au cinquième étage d’un immeuble en pleine ville.

Au début, durant l’été tout va bien pour Loulou et sa nouvelle famille. Au programme de grandes promenades dans le parc situé à dix minutes de la maison avec la nouvelle peluche qui a ainsi du temps pour jouer et se dégourdir les pattes.

Peu à peu, la situation se gâte. Les enfants ne tenant pas leurs promesses de s’occuper du chien, les promenades se raccourcissent peu à peu surtout quand il pleut, qu’il fait froid et qu’il y a un bon film à la télé. Le parc est trop loin. Loulou qui entre temps a bien grandi pour atteindre ses quelque 35 kilos n’a plus droit qu’à deux sorties par jour, sur les trottoirs, quelques minutes à chaque fois et toujours en laisse.

En plus lorsqu’il est laissé seul, notre ami s’ennuie et alors gare aux meubles et aux chaussures qui tombent entre ses pattes et ses crocs…. Au retour de M et Mme X, ce sont des cris et des hurlements avec parfois aussi un « petit » coup de pied…

Au bout d’un an et un jour, ses « maîtres » estiment qu’ils en ont assez et qu’il faut se débarrasser de la bête devenue bien trop encombrante qui tire comme un fou lors des promenades, n’obéit pas et casse tout à la maison.

Pas le temps de chercher un nouveau foyer pour Loulou ou d’aller dans un refuge. Un poteau d’éclairage devant la mairie ferra bien l’affaire pour l’attacher en catimini en pleine nuit. Adieu la famille DUPONT…

Loulou connaît alors la fourrière puis arrive au refuge de la SPA de Châteaubourg. Là aussi, il est mis dans un boxe avec cette fois, comme il semble avoir bon caractère, une chienne de sa taille pour lui tenir compagnie.

Le jour même de son arrivée, un couple s’arrête devant sa cage séduit par son origine pure lolf et sa bonne bouille. Après quelques minutes de discussion avec une jeune stagiaire qui vient d’arriver et ne connaît pas bien les chiens du refuge, Monsieur  DURAND se voit confier une laisse et Loulou pour une promenade destinée à faire connaissance en vue d’« adoption si affinités ».

Commence alors pour Monsieur DURAND un parcours du combattant avec un Loulou qui tire comme un fou et va dans tous les sens, à droite, à gauche, en avant, en arrière.

Peu habitué à l’humain, il ne s’intéresse pas à ce qu’on lui dit ni aux caresses que l’on veut lui donner. Il ne comprend manifestement pas ce qui veut dire « Assis ». Lorsqu’on croise un autre chien mâle, TYSON, c’est l’apothéose. M et Mme DURAND doivent s’arquebouter tous les deux sur la laisse pour tenir un Loulou qui irait en découdre avec l’autre arrogant.

Au bout de quinze minutes de ce régime, M et Mme DURAND déclarent forfait, ramènent Loulou au refuge. Jurant que l’on ne les y reprendrait plus, ils quittent les lieux pour gagner l’animalerie de la ville voisine pour y choisir une petite peluche…

Le lendemain matin, le récit de la promenade de la veille a fait le tout du refuge et l’équipe des bénévoles se voit confier la tâche d’enseigner les rudiments du savoir-vivre canin à notre ami. Au programme si possible une promenade «  éducative » tous les jours.

Les premières minutes, Loulou se défoule en tirant comme il sait le faire en s’étouffant tellement il veut avancer. Lorsqu’il est un peu calmé, la séance d’éducation canine commence avec le soutien pédagogique du « bout de saucisse magique». Priorité N°1, la promenade en laisse. Tant que Loulou tire, il n’est pas autorisé à avancer et cela ne sert à rien d’insister. Par contre, lorsqu’il consent à rester calmement à coté de son maître, la saucisse récompense n’est pas loin. A ce rythme, quelques séances vont suffire à ce que notre ami comprenne le principe de la marche en laisse. Le « Assis » est aussi vite assimilé. En mettant la récompense au-dessus du nez du chien et en reculant, le chien s’assoit rapidement pour mieux l’attraper. Les caresses sont aussi au rendez vous prenant peu à peu le pas sur la saucisse.

En deux semaines Loulou va faire des progrès considérables. Il pourra se promener sans tirer comme un fou, s’asseoir si son maître le demande et croiser un autre chien sans hurler à la mort.

Le couché et le début de l’apprentissage du rappel avec une longe sont au programme pour les semaines à venir mais l’équipe de bénévoles n’aura pas le temps de poursuivre son travail.

Le dimanche après midi suivant, en effet, une nouvelle famille, les DUVAL s’approche du box de Loulou et tout le monde flashe sur lui. Une discussion s’engage avec la responsable des adoptions présente ce jour là. Oui Monsieur et Madame DUVAL habitent une maison avec un grand terrain bien clos dans lequel Loulou pourra s’ébattre. Oui il sera autorisé à rentrer dans la maison lorsque ses maîtres seront là. Oui durant leur absence, il aura accès au garage toujours ouvert pour s’abriter en cas de besoin. Ses futurs maîtres se proposent d’y installer son panier.

Comme les DURAND quinze jours avant, M et Mme DUVAL se voient confier Loulou pour une promenade test. Grâce à l’éducation reçue, cette fois, tout se passe bien. Le chien ne tire presque  plus. Il est calme et s’assoit si on lui demande. Il rencontre TYSON sans manifester autre chose qu’un intérêt de bon aloi.

Bref une ballade réussie qui décide M et Mme DUVAL à franchir le pas et à adopter Loulou.

Pour autant la séance d’éducation n’est pas finie. Comme l’équipe du refuge le leur propose, Monsieur et Mme DUVAL s’inscrivent pour la prochaine séance d’éducation organisée le samedi suivant au refuge par un éducateur diplômé. Au programme pour Loulou, révision des connaissances et travail sur le couché et le rappel. Plusieurs séances seront nécessaires pour assimiler ces éléments.

Les maîtres de Loulou mettront ensuite seuls en place le contrôle continu des connaissances de notre ami.

Publicités

Une réflexion sur “Le parcours de Loulou ou l’indispensable éducation canine

  1. Pingback: Notre programme | Agissons pour la SPA

Les commentaires sont fermés.